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Si l’avenir est par définition incertain, le passé est la force qui nous pousse, tel un surfeur sur une vague. Pour prendre les bonnes décisions et la bonne trajectoire, nous devons sentir et comprendre la complexité du présent et l’empreinte du passé. Le sentiment qui prévaut est celui d’une accélération, sinon d’un emballement de l’Histoire :
Il n’y a pas si longtemps, à la fin du siècle dernier, le sens de l’Histoire semblait acquis : l’horizon était plein de promesses et nous étions confiants. L’échec des économies dirigées du bloc de l’Est entraînant la fin de la bipolarité (Ah ! la nostalgie récente associée à la chute du mur de Berlin), l’émergence économique de pays qui semblaient jusque là voués à la famine et à la dictature, l’explosion des NTIC, on nous disait que la richesse du monde, comme les arbres, pouvait monter jusqu’au ciel et que dans cette ascension sans limite, chacun trouverait sa part. On parlait même de la fin de l’Histoire.
Les années 2000 on mit rapidement fin à cette vision idyllique de l’avenir : les attentats du 11 septembre, la montée des tensions au proche et moyen Orient, les guerres autour des enjeux du pétrole et les incompréhensions entre cultures différentes on remit du sombre dans le tableau. Globalisation, désindustrialisation, délocalisations, ont rebattu les cartes d’un capitalisme mondial qui a pris le pouvoir : ce n’est plus l’économie qui sera au service de l’homme mais l’inverse.
Surtout sont apparues les limites. Nos limites humaines et celles de la planète que nous habitons et des ressources qu’elle recèle. L’apparition de ces limites aurait dû nous rendre plus humbles. Ce n’est malheureusement pas le cas. Mais tout cela est pourtant cohérent.
La crise financière économique et sociale des années 2008 et 2009 ne nous a pas rendus plus sages. Les grandes institutions financières ont joué au casino, triché sans vergogne en créant des valeurs qui n’existent pas « des bulles financières», et fait sauter la banque. Les nations (nous) ont payé la note et se retrouvent toutes avec des déficits publics jamais vus. la banque sautera inévitablement à nouveau car personne n’a eu le courage politique de sanctionner les tricheries à part peut-être les profits des traders pour calmer l’opinion sans s’attaquer au vrai problème et démonter la machine à fabriquer des bulles. Mais ce jour là les coffres des nations seront vides. Voyez l’économie réelle qui patine et la consommation qui s’essouffle tandis les bourses mondiales culminent. L’insolente croissance chinoise repose en grande partie sur une gigantesque bulle. Mais tout cela est pourtant cohérent.
Les nations se sont réunies à Copenhague pour dire combien il y avait urgence à préparer les défis écologiques futurs : réchauffement global, pénurie des ressources, biodiversité en grave danger. Banquise fondant comme neige au soleil… Là aussi le courage politique a fait défaut. Mais tout cela est pourtant cohérent.
En France certains s’agitent autour de l’identité nationale. L’identité est comme la langue d’Esope, la meilleure et la pire des choses. Méfions-nous d’une nation qui se préoccupe un peu trop de son identité, cela rappelle de mauvais souvenirs, cela évoque des pays où personne n’aimerais vraiment vivre. Je lui préfèrerais une communauté humaine ouverte, en mouvement, en débat et en renouvellement constant, une société vivante avec son histoire. Comme la France en fait. Alors pourquoi tant de mobilisation médiatique ? Mais tout cela est pourtant cohérent.
Je n’oserai pas prétendre qu’on cherche à détourner l’attention des vrais problèmes : du chômage, de la pénurie d’argent public, de la tétanisation des banques devant l’investissement et de leur fascination suicidaire devant les rendements spéculatifs, des difficultés des entreprises et de bien d’autres choses. Une partie de la classe moyenne de notre pays bascule dans la précarité et on se préoccupe de ménager les plus gros contribuables, les plus gros pollueurs et émetteurs de CO2, les plus gros tricheurs du fisc. Mais tout cela est pourtant cohérent.
Il faudrait construire des centaines de milliers de logements économes en énergie, accessibles aux plus démunis. Cela a été dit lors du Grenelle. Mais pas un sou de plus n’a été attribué par l’Etat au logement. Rien non plus de concret pour le ferroviaire ou les transports publics. Mais tout cela est pourtant cohérent.
Une vaste réforme des collectivités territoriales est en cours, on fusionne des échelons, on répartit les taxes locales lors de furieux débats parlementaires, on modifie le mode électoral et le découpage des circonscriptions. Demain vous de voterez pas de la même façon pour des élus qui n’auront pas les mêmes responsabilités ni les mêmes moyens d’appliquer leurs politiques. Bref nous ne savons pas dans quel type de démocratie nous allons vivre demain. Mais tout cela est pourtant cohérent.
Les choses changent déjà. Il y a encore un an nous pouvions bénéficier de l’accompagnement de l’Etat dans le suivi de nos projets communaux. Aujourd’hui nous devons faire appel à des cabinets privés tandis que les services départementaux sont démantelés. Cela coûte cher aux communes et permet à L’Etat d’économiser des postes et des services. Bien sûr l’Etat n’a plus d’argent. La réforme hospitalière elle-même intégrée à la grande réforme des politiques publiques laisse l’hôpital dans une situation intenable avec des effectifs baissés comme jamais. Car tout cela est bien cohérent.
Donc les communes devront se serrer les coudes. Et comment sinon à travers les intercommunalités comme Cap l’Orient, qui sont des bassins de vie d’emploi et qui ont une communauté de destin ?
Un ami bien au fait des politiques nationales m’a demandé lundi si j’étais devenu président de la république. Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu qu’en page Groix des journaux locaux un élu de Groix me reprochait l’importance que prennent les intercommunalités, et comme les directives viennent de l’Elysée… il trouvait bizarre cette accusation, sauf si j’étais devenu président !
Je vais me permettre de brosser brièvement un tableau de l’avenir qui vous expliquera pourquoi toutes ces apparentes contradictions sont bien cohérentes :
La puissance publique courbe l’échine face aux puissances économiques, elle s’affaiblit volontairement, délibérément, pour ne plus avoir la tâche impossible de protéger les plus faibles de l’appétit excessif des plus forts. Qu’on appelle cela le darwinisme social, l’ultralibéralisme ou le triomphe de l’individualisme, cela me parait tout simplement suicidaire à l’échelle de l’humanité.
La notion de « Res Publica » la chose publique, le bien commun décidé par chacun pour le bien de tous et vice-versa, tout cela n’est plus à la mode. Ce qui est moderne c’est de laisser faire : les marchés financiers, les intérêts catégoriels, les lobbys de toutes sortes ont bien plus d’influence sur le cours du destin commun que les élus légitimés par les urnes. Et plus l’enjeu est grand, plus l’échelon est vaste, plus il y a de profits à faire et moins vous et moi, acteurs de base, avons des chances de faire entendre notre voix.
Comment faire alors si les urnes ne suffisent pas ? Et bien nous votons chaque jour sans le savoir dans nos choix quotidiens des plus élémentaires aux plus sophistiqués : se nourrir, se vêtir, se déplacer, prendre ou non de son temps pour son entourage ou ses amis, s’engager dans la vie associative, tous ces actes influent directement à toutes les échelles, depuis notre artisan local jusqu’en Chine, sur l’économie d’aujourd’hui et même sur le climat à venir.
C’est le retour du local, de la citoyenneté, d’une forme de résistance aux sirènes de la consommation qui nous promettent une après crise ou tout repartirai comme avant, le dernier recours d’une aspiration à vivre ensemble et pas juste les uns à côté des autres.
Si l’esprit de démocratie, déçu des urnes, retourne dans les consciences de chacun elle risque aussi un jour de retourner dans la rue. C’est là le danger l’autre chemin: l’affrontement, la division, la peur, tout ce qu’il faut pour favoriser un pouvoir plus autoritaire. Méfions-nous de la peur. Soyons confiants en nous-mêmes. Faisons des projets malgré le contexte peu rassurant que je viens de vous brosser. L’avenir ne se prévoit pas : il se construit. Les élus en portent la lourde responsabilité.
Travaux Cale Guyot :
On dira ce qu’on voudra, la cale Guyot n’est pas en bon état : les sondages montrent qu’elle a perdu une grande partie de son matériaux interne, elle recèle des cavités où la mer fait chaque jour davantage son travail de sape, chaque tentative de ragréage ne cache que pour quelques semaines les fissures de son revêtement qui s’élargissent au passage de chaque lourd camion, à chaque accostage du bateau. Les travaux ne peuvent attendre.
La cale est un maillon indispensable de la chaine de vie qui nous relie au continent.
Durant les deux mois que dureront les travaux, il nous faudra assurer cette chaîne avec seulement la cale adossée qui elle, est neuve. Or ni le saint Tudy, ni l’Île de Groix ne peuvent y accoster. Le «Melvan» conçu pour la ligne vers Houat et Hoëdic, 234 passagers, 45 tonnes de fret (soit 200 palettes par jour) assurera toutes les navettes. Or ce n’est pas un roulier. Il ne prendra que très peu de véhicules et la priorité restera bien sûr au transport sanitaire. Il embarquera donc autant de passagers et de marchandises que nécessaire à la vie de l’île à cette période. Pas de roulier signifie des ruptures de charge (comme dans toutes les autres îles du Ponant, Belle île comprise) La marchandise est embarquée et déparquée sur palettes, déchargée et rechargée sur les camions. Il faudra de la place à Lorient, sur le quai Ro-ro, et de la place à Port Tudy où le stationnement des voitures sera drastiquement limité du fait du chantier et du stockage comme de la manipulation du fret. Les commerçants et les entreprises s’adapteront vaille que vaille à cette période compliquée, le tarif de transport des marchandises sera diminué au tarif « arrêt technique ».
Les caboteurs pourront bien sûr apporter leurs matériaux dans des périodes et horaires où ils ne gêneront pas le service public.
Pour les particuliers, il ne faut pas compter sur la possibilité de passer sa voiture. Il faudra donc anticiper et décider au cas par cas suivant son travail, ses besoins, ses projets de vacances aussi. Pour ceux qui décideront de laisser une voiture à Lorient, nous avons créé un service municipal avec un numéro vert, qui assurera la gestion de tous vos soucis de déplacement. Deux personnes sont embauchées pour cela. Ces employées de la commune ouvriront et fermeront un parking réservé aux îliens jouxtant le parking actuel. Un guichet dans la gare maritime de Lorient leur sera réservé. Elles seront à votre écoute pour organiser le covoiturage sur le continent comme sur l’île. Un site internet de type « blog » est d’ores et déjà en place pour informer et créer du lien entre les usagers de la ligne.
Une réunion publique d’information dédiée à cette période quelque peu critique est prévue le 21 janvier à 20 heures.
Sur l’île, pour ceux qui auront choisi de laisser une voiture sur le continent, les déplacements sur Groix seront plus difficiles : certains déplacement réguliers se feront spontanément entre voisins dans les villages, d’autres choisiront les déplacements doux si la météo le permet. C’est d’ailleurs excellent pour la santé. D’autres s’organiseront aidés par le blog ou le numéro vert. J’ai demandé que durant la période des vacances de février le transport public soit renforcé et adapté à l’augmentation de la demande. Une évaluation est en cours. Enfin nous avons heureusement les taxis qui seront fortement sollicités durant cette période, mais n’oublions pas qu’ils devront aussi assurer les transports sanitaires.
Pour ceux qui préfèreront garder leurs véhicules à Groix, les structures de transport sur Lorient et alentours sont assez développées pour leur permettre de se déplacer. Ramener des marchandises lourdes et encombrantes nécessitera de faire appel à un transporteur.
Les périodes de crise (comme les grèves de transports en ville) révèlent souvent des échanges et des solidarités oubliées. A Groix nous n’avons pas perdu ces habitudes.
Domicile partagé :
Nos anciens sont nombreux sur notre île. Qu’ils viennent ou reviennent en retraite ou qu’ils finissent une vie entière sur le caillou, nos anciens occupent une grande part de la pyramide des âges. Ils vivent plutôt plus longtemps, surtout les femmes, et plus autonomes que sur le continent. Mais un jour, alors que notre grand-mère, ou grand père semblait « caille » comme on dit, il faut mettre en place des aides à domicile. Les infirmiers libéraux font alors un travail remarquable auquel il faut rendre hommage, les aides ménagères aussi viennent de façon très humaine et très professionnelle. Soulager nos anciens dans leur quotidien. Et puis un jour tout bascule, souvent très vitre. Trop vite. Une chute, une hospitalisation. L’EHPAD auquel on ne voulait pas penser jusque là devient le recours. L’EHPAD où des liens de solidarité se nouent ou se renouent, où un personnel dévoué et motivé permet souvent de reprendre goût à la vie et d’alléger les soucis du vieillissement. Malheureusement, de plus en plus de personnes plutôt moins âgées sont frappées de « maladies neuro-dégénératives ». Ils sont physiquement actifs mais réclament une présence permanente pour les relier au fil du temps dont ils sont définitivement coupés par leur déficit de mémoire. Le personnel de l’EHPAD, accaparé par des soins médicaux lourds aux invalides physiques ne peut matériellement consacrer le temps qu’il faudrait à ces « Alzheimer ou apparentés ». Le domicile partagé est conçu pour cela. Cette structure permet à un personnel dédié d’accompagner ces personnes physiquement valides dans leur parcours quotidien : préparer les repas, vivre ensemble, sortir, faire de petites courses. Pour cela il faut que le domicile partagé soit au cœur des activités de l’île. Le plus proche possible de la vie du bourg. L’emplacement choisi entre les halles, la poste et les commerces ne pourrait être meilleur.
Le domicile partagé sera réalisé par BSH avec une tranche de nouveaux logements, à l’étage du domicile d’une part (2T2 et 2T3) et sur les terrains disponibles de la cité Lucien Kimitété (7 logements : 4T2 2T3 2T4).
La ZAE du Gripp :
Déclarée d’intérêt communautaire en 2005 le chantier aboutira finalement en 2010. Elle permettra à 7 entreprises d’y trouver leur place et de développer leur activité sur l’île. L’aménagement de cette zone ainsi que les acquisitions foncières faites par la commune dans ce secteur : entre le cinéma et l’Esméralda et sur la route du centre de secours, vont changer le paysage faciliter la circulation vers la station-service. C’est une première phase du contournement nord du bourg, qui s’achèvera du côté de Shopi et de l’école des sœurs. Je peux annoncer en effet que grâce à l’action de l’EPFB nous avons pu préempter l’ancienne école des sœurs et disposer ainsi d’un emplacement idéal pour un nouvel EHPAD. Les réflexions techniques autour d’une réfection de l’ancien ou d’un EHPAD neuf ont abouti à la conclusion qu’il valait mieux faire du neuf.
Je rappelle que nous avons aménagé en enrobé en 2007 le contournement sud par Kergatouarn. Nous devons arriver à une circulation apaisée dans le bourg, nous n’y arriverons pas sans un minimum de sens civique de la part de chacun. Pour ceux qui ne le sauraient pas, le bourg est interdit au poids lourds sauf livraison, cette décision réclamée à juste titre par de nombreux riverains est piétinée, si j’ose dire, des dizaines de fois par jour, parfois au mépris de la sécurité.
Pôle mer :
A port Tudy, la première phase d’aménagement du « pôle mer » est en cours par le démontage des cuves mies en place par les allemands lors de la première guerre mondiale. Comme il s’avère difficile de retrouver les propriétaires de l’époque, la commune prend en charge leur démontage afin de faire place nette pour des activités liées à la mer. La phase suivante sera celle de la construction d’un bâtiment à cet emplacement, permettant ainsi aux locataires de la glacière de continuer leurs activités durant la phase suivante qui sera la réfection et l’aménagement rationnel de ladite glacière. Le projet ne s’arrêtera pas là puisque c’est tout le quai sud qui sera progressivement réhabilité au cours d’un programme qui dépassera sans doute le mandat.
Autre programme ambitieux : celui de la rénovation urbaine derrière la mairie. Plusieurs acquisitions foncières et immobilières permettent désormais de concevoir un pôle « enfance/jeunesse/social » qui renforcera la centralité du bourg tout en abritant des services qui se renforcent. La maîtrise d’ouvrage est au stade de l’analyse des besoins, les élus et les commissions extra-municipales devront bientôt plancher sur les propositions.
Nous avons aussi décidé unanimement de créer un service municipal jeunesse avec trois postes dont un coordonnateur jeunesse actuellement en recrutement. Ce choix reflète l’ambition que nous mettons à l’appui de nos jeunes générations insulaire dans la construction de leurs personnalités adultes, dans la richesse des échanges et l’ouverture sur le monde. Je crois davantage au regard bienveillant et attentif qu’à la seule répression. Essayons de bien distinguer ce qui relève de la nature bruyante de la jeunesse, qui parfois énerve les générations assagies, de ce qui devient dangereux, illégal et au bout du compte destructeur.
Dans les investissements de l’année il faut encore ajouter :
Nouveau cimetière
Hélisurface
Bâtiment école maternelle
STEP du Gripp
Aménagements sportifs
Fort du Gripp
Lavoirs et fontaines
Aménagements espaces naturels (arbres, haies…) priorité sur Locmaria Fontenar.
Chacun peut constater que les routes sont mauvaises. L’hiver assez rude et pluvieux aggrave encore les choses. Depuis 25 ans que je vis à Groix je n’y ai jamais vu de bonnes routes, et la noria de camions militaires venus lors de l’Erika a été un moment crucial de leur dégradation. Car il faut savoir qu’un seul passage d’un poids lourd de 26 tonnes sur un revêtement équivaut à 200 000 passages de voiture. (En fait, partout en France, les infrastructures routières sont faites et refaites pour les camions). De plus, la tenue d’une route passe par la maîtrise de bas côtés entretenus, régulièrement chargés et dont les buses et les fossés sont annuellement curés. Ce qui n’est hélas pas toujours le cas ni sur le domaine public, ni sur le domaine privé. Les chantiers du bâtiment, publics et privés là aussi, alors qu’ils sont censés garder la voie publique en état la négligent le plus souvent ce qui est une forme d’incivilité puisque c’est le bien commun qui est abimé. Il suffisait d’observer lors des pluies diluviennes pour constater qu’il y a un lien très fort entre l’écoulement des eaux pluviales et le réseau de voirie.
Nous avons donc lancé une assistance à maîtrise d’ouvrage sur l’ensemble des réseaux (eau assainissement ERDF… Aparté : cet hiver nous avons divisé par 2 les dépenses d’électricité pour les fêtes de Noël) afin de coordonner ces réflexions et ne plus avancer au coup par coup ni n’importe comment. Il faudra aussi avoir une réflexion sur le tonnage et la circulation des camions.
Nous aurons ainsi un schéma d’intervention cohérent mais d’ici là j’ai demandé aux services techniques de parer au plus pressé en s’activant, comme ils savent le faire, non seulement à boucher les trous en utilisant la dameuse que nous avons acquise depuis 2001(il n’y en avait pas avant), mais aussi et surtout à s’occuper des bas côtés. Les buses mises et non débouchées par leurs propriétaires seront entretenues à leurs frais. Nous avons aussi lancé un marché à bon de commande pour une campagne de remise en état des endroits les plus défoncés au printemps, et comme il y en a beaucoup, nous bénéficierons de l’effet de masse pour réduire les coûts.
Tourisme :
Nous avons répondu cet été à un appel à projet régional qui cherchait des territoires volontaires pour développer un tourisme durable. L’été n’était pas le meilleur moment, mais nous disposions déjà d’une étude sur le sujet et de projets en attente comme la réfection et la mise en valeur du sémaphore du Grognon et des forts, en collaboration avec le Conservatoire du Littoral, ainsi que la proposition toute récente des phares et balises de mettre à disposition le phare de Pen Men et une partie de ses locaux non techniques à la commune pour des visites touristiques.
Plusieurs axes ont été présentés : approfondissement du diagnostic, accompagnement de l’offre privée et développement de l’offre publique ainsi qu’un projet associé d’insertion et de formation autour des chantiers de patrimoine.
Nous avons été retenus par la Région Bretagne pour un programme de 200 000 € sur au moins 3 ans. Cela devrait nous permettre de booster la première économie de l’île tout en maîtrisant les conséquences parfois dévastatrice du « tout tourisme » non réfléchi. Et que viennent chercher d’autre nos visiteurs ?
La question est désormais parfaitement transversale : le principe du développement durable, qu’on devrait appeler soutenable comme les anglo-saxons, la méthode de l’agenda 21 qui consiste à revisiter chaque compétence de la collectivité à la lumière des impératifs de respect de la planète, de l’autre et de la solidarité, sont désormais installés dans toutes nos projets. Il faut savoir que c’est parfois coûteux, dans les bâtiments en particulier. Deux secteurs sont en première ligne : l’habitat et les transports responsables à eux seuls de 80% des émissions de gaz à effet de serre. Ces deux secteurs bénéficient à travers le PLH, le transport public, mais aussi le PDU toutes compétences communautaires.
Je voudrais, au nom de l’ensemble du conseil municipal, remercier toutes les bénévoles qui œuvrent dans les associations sportives et culturelles et font de cette île un lieu incroyablement vivant et actif à longueur d’année.
Je pense bien sûr au FIFIG qui va fêter cette année ses 10 ans. Comme souvent sur notre petite île d’irréductibles gaulois, les sentiments semblent partagés et contradictoires sur le festival. Il est vrai qu’une manifestation d’une telle ampleur et surtout d’une telle renommée sur une commune îlienne de 2323 habitants c’est facile à organiser, facile à financer, facile à renouveler tous les ans. Les fonds publics ne manquent pas et les bénévoles sont faciles à trouver. Faire venir des îliens et des artistes de toute la planète : rien de plus aisé et cela ne coûte pas cher ! Gérer l’afflux de milliers de personnes dans des salles de cinémas, organiser des débats avec des insulaires venus de partout, les loger, les nourrir leur donner envie de revenir, tout cela coule de source. Alors chers critiques acerbes je vous invite promptement à entrer dans le Conseil d’Administration de l’association, vous verrez l’ambiance est bonne et même excellente. Je vous préviens cependant le bénévolat s’y apparente plus à une forme détournée d’esclavagisme qu’à une tranquille promenade culturelle. Quelques chiffres pour terminer : 60 000 € par an sont réinvestis directement sur Groix par le festival. Les fonds publics (Etat région, département commune) représentent 40 % du budget de fonctionnement du FIFIG. Sans compter les retombées indirectes que rapporte toute manifestation médiatique pour un territoire. 300 adhérents dont 44% vivent sur Groix, 173 bénévoles dont 40% de l’île.
Puisque nous parlons de nos amis des îles, parmi ceux-ci il y a Haïti. Que dire qui n’ait déjà été dit sur cette île qui va de malheur en malheur depuis que nous y avons organisé le commerce triangulaire puis l’exploitation coloniale de ses richesses. Je sais que certains pensent qu’il y avait un côté positif à la colonisation. Pour Haïti, j’ai du mal à le distinguer. Ses élites ont toujours été plus que brillantes, sa diaspora active et créative, et je repense à notre ami écrivain et maire de la commune d’Abricot qui, heureusement n’a pas été touchée. Les jours, les semaines et les mois qui vont suivre seront aussi terribles que la catastrophe elle-même. C’est durant tout ce temps que la communauté internationale, particulièrement la France et bien sûr chacun de nous, français, îliens de Bretagne, îliens du monde. Ce soir nous allons nous retrouver ici, dans cette salle, pour évoquer Haïti et manifester notre solidarité, par notre cœur et par nos dons.
Pour vous souhaiter une belle année 2010, je vous offre deux citations de Pablo Neruda :
La première :
« Il meurt lentement, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves. Vis maintenant! Risque-toi! Agis tout de suite! Ne te prive pas d'être heureux! » Et la seconde, que je trouve parfaite en janvier :
« Le printemps est inexorable »
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